(Liens remis à jour en février 2010)
(Versus un tantinet lapidaire! Les amateurs pourront se référer à la bibliographie)
Le fondateur de la gestalt-thérapie, est l’allemand
Fritz Perls dont on pourrait dire qu’il est un personnage autant génial que peu recommandable !
(1) Psychiatre puis psychanalyste, sa pensée rejoindra davantage les dissidences (
Ferenczi,
Rank,
Binswanger,
Reich,
Jung …) que l’orthodoxie
freudienne. Son implication dans l’intense activité culturelle - notamment théâtrale - du Berlin des années vingt, imprégnera également sa réflexion et sa conception du développement personnel.
Il sera bientôt assisté de son épouse,
Laura Perls – docteur en gestalt-psychologie marquée par les enseignements d’existentialistes tels
Martin Buber et Paul Tillich. – et c’est après leur fuite de l’Allemagne nazie pour l’Afrique du Sud que paraîtra en 1942 un premier
ouvrage : «le moi, la faim et l’agressivité».

Commencent à s’y marquer quelques distances d’avec la psychanalyse freudienne, notamment par l’intégration de certaines contributions issues de la
gestalt-psychologie (lois de la perception, relation figure-fond
(2) , etc...), des travaux de
Reich (cuirasse émotionnelle…) et de
Smuts (holisme).
A la fin de la guerre, le couple émigre vers New York et rencontre la troisième grande figure fondatrice de la gestalt-thérapie,
Paul Goodman. Lui sera reconnu comme un penseur majeur de la société américaine : nombre des idées neuves et libertaires qui voudront ultérieurement transformer la société et ses valeurs, s’inspireront en effet de Goodman (
Ivan Illich, par exemple se situe dans ce sillage). Perls continue parallèlement ses recherches empiriques, et découvre le zen avec Paul Weiz, le psychodrame avec Moreno, etc. La rencontre de ces différentes personnalités (auxquelles se joindra l’universitaire Hefferline) et influences, se concrétise par la parution en 1951 de ce qui deviendra
l’ouvrage de référence : «Gestalt-thérapie, nouveauté, excitation et développement».
La gestalt est ainsi notamment issue à la fois
des psychanalyses, de la
gestalt-théorie, de la
phénoménologie (3)
(Husserl, Heidegger,...), de l’existentialisme (Sartre, Beauvoir,...) de la théorie du champ, et a beaucoup emprunté aux
philosophies orientales (taoïsme, bouddhisme chen yen ou tantrisme, zen…).
Ce n’est pas pour autant un bric à brac tendance new age, mais une approche théorique et méthodologique incontestablement visionnaire, « puisqu’elle comporte dès son origine nombre de propositions ressemblant aux avancées les plus récentes en matière de théorie psychothérapeutique, voire même psychanalytique »
(4)
La gestalt propose en tous les cas d’emblée un changement de conception de l’objet d’étude de la psychologie : non plus la psyché, mais – dans la mesure où l’humain ne peut pas être abordé séparément de son environnement – l’étude des
opérations articulant l’humain à son environnement. Autrement dit :
le contact.
En France, c’est surtout à partir des années 80 que les centres de formations (
EPG,
IFGT, …) et les sociétés de praticiens (
SFG, Société Française de Gestalt-thérapie, et plus récemment, suite à certaines divergences au sein de la communauté gestaltiste française, le
CEGT ou Collège européen de Gestalt-Thérapie en langue française, …) ont commencé à se constituer.
Aujourd’hui, la plupart des psychothérapeutes ont été sensibilisés à des degrés divers à la gestalt-thérapie ; des praticiens de tous horizons en ont assimilé certains des concepts ou des propositions, et comptent un certain nombre de ses techniques dans leur panoplie, en particulier dans le travail en groupe.
D’ailleurs, on réduit malheureusement souvent la
gestalt-thérapie elle-même à ces
techniques – comme frapper ou invectiver un coussin sur lequel on projettera momentanément une figure familière ou imaginaire ; ou encore incarner la boule qui serre sa propre gorge ou les différents éléments de son dernier rêve ; ou mettre en scène ses hésitations, ou se projeter dans une photo ou un dessin, etc. - alors qu’elles sont simplement des
moyens que le gestalt-thérapeute peut éventuellement utiliser pour aider la personne à prendre conscience de ses émotions ou sentiments, ou d’une situation et de la façon dont elle l’aborde, etc.
(1) voir l’ouvrage de Serge Ginger, « La Gestalt, une thérapie du contact », ed Hommes et Groupes, 7e édition 2003, 550 pages, ou « La Gestalt, l’art du contact» Guide de poche Marabout, 7e édition, Paris-Hachette, 2004, 280 pages.
(2) Ainsi l'image sur la gauche représente-t-elle une jeune femme ou une femme âgée selon les éléments que vous sélectionnerez comme partie de la figure ou partie du fond. De même pour le logo figurant en haut et à gauche qui pourra figurer un vase ou deux profils se regardant.
(3) Si vous vous interessez à cette approche phénoménologique, il y a des travaux de recherche particulièrement riches et gracieusement mis à notre disposition par leurs auteurs (Edith Blanquet et Patrick Colin), sur le site de l'
Institut de Gestalt-thérapie Pyrénées Languedoc.
(4) Jean Marie Robine,
présentation de la Gestalt-Thérapie